Affichage des articles dont le libellé est poésie arabe. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est poésie arabe. Afficher tous les articles

jeudi 15 novembre 2012

Les odes du désert : Dernier commentaire en ligne (Notre passé, nos racines... Nos ailes...)

Notre passé, nos racines... Nos ailes...


    Nous pensons que notre culture provient en partie depuis la fin des trente glorieuses, d’outre-Atlantique. Grossière erreur : nos racines sont d’ailleurs. Il faut remonter loin pour comprendre que des personnes croyant défendre les intérêts de la théocratie imposée par Rome, découvrirent « Le nouveau monde ». Celui qui allait changer la structure même de notre société occidentale. Ces bâtisseurs n’étaient autres que nos chevaliers du Temple, ceux-là même envoyés par la Curie pour défendre le droit divin contre les infidèles, la Sacro-Saint du Saint. Pourtant, de par ces « Pérégrinatio » que l’on nomma par la suite : Croisades, ces acteurs, moines-soldats, découvrirent un monde structuré, avec une société bien ancrée sur des valeurs, sur une réalité avant-gardiste pour laquelle ils n’étaient pas préparés. L’Orient : que n’a-t-on écrit sur le soleil levant ! L’Orient, tel qu’il est défini depuis le VIIIe siècle. L’Orient qui remit en cause les fondations même de notre monde parfait.


    Il nous a apporté l’enseignement, la géographie, les mathématiques, la géométrie, l’architecture, le nombre d’or, la médecine et nombres d’autres disciplines longtemps cachées aux profanes par ce pouvoir religieux rétrograde dont la police institutionnalisée en droits (l’Inquisition), réprima ceux qui tentèrent de s’élever contre ses propres dogmes. Cet Orient tant décrié comme une terre inculte, peuplée de païens, d’infidèles, de sauvages se trouvait pourtant en avance d’un millénaire sur notre civilisation moderne et soi-disant évoluée, civilisée et humaniste.


     Karim Maarouf, Adam Molariss, Francisco Nizar et Fatimazahra Fenassi ont porté à notre connaissance cet opus, second du nom, afin de nous rappeler que notre histoire ne s’est pas écrite ici, mais là-bas. Ils retracent avec un talent de narration incomparable et audacieux, cet univers qui a fomenté notre culture et que nous avons volontairement passé sous silence à travers les siècles. Mais la science aidant, et dernièrement les manuscrits de la Mer Morte, mémoire, témoignage et testament d’un peuple, ont révélé à notre inconscient ce que l’obscurantisme occidental nous a caché.


    « Les Odes du Désert », sont un hymne à la joie, un incommensurable travail de ce que l’Orient nous a apporté depuis la révélation de l’écriture dans sa forme vernaculaire. La poésie rapportée ici conforte l’idée d’une civilisation avancée, lucide, humaniste et ancrée dans son époque, ses valeurs et ses traditions. Nos troubadours ne viendront que 6 siècles plus tard avec leur Fin’ Amor. Ils grandiront en Languedoc, terre promise pour le commerce méditerranéen qui apporta son lot de prospérité, sauvagement jalousé et réprimé depuis le XIIIe par Innocent III lors de la Croisade contre les Albigeois qui s’attaqua à nos Cathares. Alors que nous nous battions entre chien et loup, les arabes bâtissaient notre future civilisation. Notre Moyen-Âge fut leur Renaissance. Les auteurs décryptent à travers une chronologie intelligente et structurée, des origines jusqu’à l’anthologie de cette poésie arabe. Cet opus est un régal pour l’imagination. Difficile de ne pas ressentir à travers les textes traduits, l’odeur suave du sable roux, de la chaleur douce d’une oasis, de fraternité envers ces populations souvent nomades que l’on appela à tort : indigènes. C’est toute une culture qui fleurit de nouveau. Bélibaste, le dernier des Cathares aurait dit avant de monter sur le bûcher : « Dans 700 ans le laurier reverdira ». Il ignorait à quel point cette citation avait de prophétique dans la pensée. C’était en 1309.


    Merci aux auteurs pour cette récréation ludique que je recommande à ceux qui doutent encore des bienfaits que cette société, berceau de notre civilisation, nous donna comme racines. Le sable saharien n’aura, pour moi, plus jamais la même couleur dans mon esprit et dans mon cœur.

SILVA Frédéric, simple auteur... 

 
Source :  http://www.amazon.fr/product-reviews/B007O13KJ6/ref=cm_cr_dp_synop?ie=UTF8&showViewpoints=0&sortBy=bySubmissionDateDescending#R15KY5STK47AUL

 
 

mercredi 10 octobre 2012

Invitation au voyage ...

   Alors qu’un peu partout dans le monde, les médias donnent du monde arabe une image quelque peu déformée, cette anthologie,  Les Odes du désert , se présente comme une fenêtre amicalement ouverte sur une culture différente, riche de plusieurs siècles d’une poésie qui  trouva sa source et prit son envol dans le désert...
 
  Le recueil nous fait voyager dans le temps, en collant scrupuleusement à la chronologie des divers mouvements qui ont fait évoluer la poésie arabe. Chaque extrait proposé est soigneusement choisi. La plupart des auteurs évoqués sont inconnus du lectorat occidental. Ils méritent cependant d’être aujourd’hui découverts et appréciés, au même titre que l’incontournable Khalil Gibran, poète invité parmi d’autres dans « Les Odes du désert », dont la philosophie poétique enchante depuis des lustres les yeux de l’Occident.
 
  La poésie des premiers temps de cette culture arabe parvenue jusqu’à nous, que l’on pourrait qualifier d’élémentaire, dans le sens où elle chante les éléments de la nature, plonge tous nos sens dans la vie des tribus du désert, pas si désertique que ça, qui recèle même des trésors en son sein : « Telle encore est l’odeur des fleurs que les rosées du ciel ont fait croître dans une prairie dont jamais les troupeaux n’approchent, qui n’est pas souillée par le passage des animaux ; Une prairie souvent arrosée par des nuées chargées d’une onde pure, qui rendent les petites cavités dans lesquelles l’eau repose semblables à autant de pièces d’argent. » (Extrait d’un poème d’Antara).
 
   Autre point, plus étonnant, de cette poésie : l’on voit se dessiner au fil des siècles le portrait d’une femme à visage découvert, aimée, respectée et le plus important, libre comme l’air... fantasme de certains poètes ouvertement libertins, tel  Tarafa : « Pour nous l’échancrure de sa robe est hospitalière, et sa peau nue s’offre aux attouchements des buveurs. Quand nous la prions de chanter, elle module un air langoureux et fredonne à mi-voix, les yeux clos. » Il n’est donc pas étonnant que cette poésie ait évolué au cours des siècles, devenant nettement plus engagée à notre époque : le poète est en effet le témoin privilégié de son époque et n’hésite pas à en dénoncer les travers ou la régression au moyen de ses vers, qui peuvent alors devenir de véritables armes. C’est le cas notamment pour Aboulkacem Chabbi : « Lorsqu’un jour le peuple veut vivre, /  Force est pour le Destin, de répondre, / Force est pour les ténèbres de se dissiper, / Force est pour les chaînes de se briser. »
 
   Au final, cette anthologie atteint parfaitement son objectif d’invitation à la découverte de l’autre et de sa culture. On ne peut en ressortir qu’enrichi, car s’ouvrir à l’autre, c’est aussi s’ouvrir à soi-même...
 
© Marie Fontaine

 

samedi 1 septembre 2012

La deuxième édition des Odes du Désert ...

    La poésie arabe se distingue par son raffinement dans le choix des mots et la maîtrise de la langue, mais aussi dans sa compréhension qui la rend accessible à tous les lecteurs et ses métaphores qui frappent l'imagination. Les thèmes abordés aussi sont bien particuliers, on note une largesse d'esprit et une grande liberté de ton que ce soit sur les sujets d'amour, de désir ou de guerre. Elle nous parle des cieux, des gazelles, des femmes, de l'amour pur, des sentiments les plus forts que peuvent éprouver des peuples entiers. La poésie arabe est une poésie forte, exposante de vérités et tremblante de sensations. 

 

 

 Voilà l'occasion d'une découverte culturelle qu'il sera difficile d'oublier, ce livre rend compte des principales phases de la poésie arabe, biographies des poètes arabes les plus célèbres d'Imrououl-Qaïs (500-540) à Adonis (1930) ; les registres y varient de page en page comme un beau voyage poétique dans le temps, une anthologie en quarante poèmes agréables à lire.

  

Lien pour lire le livre : Les odes du désert

jeudi 10 mai 2012

"Les odes du désert" : Fiche de lecture par Gaelle Kermen

   
     En commençant ce livre, j'ignorais tout de la poésie arabe. Un ami marocain maintenant disparu m'avait vivement conseillé cette littérature qui manquait à ma culture. En bord de mer bretonne qui lui rappelait celle de Casablanca, il m'avait parlé d'Omar Queyam, des Omeyades, mais c'était tout ce que je me rappelais de nos conversations pourtant riches.

     Je me suis plongée dans cette anthologie d'une poésie bien plus ancienne que celle que je puis connaître de la nôtre ici en France.

    Tout de suite, je me suis sentie en affinité avec ces textes d'abord transmis de façon orale par les bédouins, de campement en campement. J'ai pensé aux druides et aux conteurs, qui ont transmis ma tradition orale bretonne ; j'ai pensé à "Désert" de JMG Le Clézio, le breton des îles lointaines, qui a su si bien chanter la terre marocaine.

    Mais très vite j'ai été embarquée sur des continents immenses, passant du Maroc à l'Irak, par la Syrie ou la Palestine, tant sont riches les terres qui partagent la langue arabe commune à ces Odes du Désert.

    Chaque peuple se sentant le centre du monde, nous croyons toujours avoir tout inventé. Je n'avais pas idée d'une telle richesse. En ce sens la littérature reste le meilleur vecteur, à la portée de chacun, pour relativiser et intégrer l'apport intellectuel de chaque société, de chaque communauté, de chaque époque

    J'ai alors été embarquée dans un grand voyage à travers les siècles, des temps lointains avant l'Islam, aux poètes contemporains, dont le rédacteur de la déclaration de la création de la Palestine en 1988, Mahmoud Darwich, et celui qui, en chantant sa femme assassinée à Beyrouth, Balkis, a chanté son pays, la Syrie, Nizar Kabbani : ils m'ont particulièrement émue.

    Il me plaît d'avoir dans mon Kindle ces belles phrases chantantes que je peux compulser à loisir.

    La seule chose que je pourrais désirer c'est que les dates des poètes soient visibles dès la table des matières en début d'ebook.

    En ces jours de mai 2012 qui voient en France la victoire des valeurs de partage et de respect des différences, je souhaite avec fierté et reconnaissance une belle aventure à cette Anthologie de la Poésie arabe, faite par quatre jeunes marocains, d'une trentaine d'années, tous passionnés de livres, de langue et de culture. Ils ont fait là un très beau travail. Leur bilinguisme franco-arabe est une grande force culturelle et humaine. Que la paix rayonne sur notre belle terre ! 



  Consultez le livre :